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Eric Meuwissen

Historien, écrivain, ancien journaliste au journal « Le Soir »,

Eric Meuwissen (58 ans) , historien de formation (ULB 1981) est l’auteur de plusieurs livres ainsi que de nombreux articles parus dans Wavriensia et autres revues d’histoire locale. Il  sortira  sous peu  son dernier ouvrage:  « De Bruxelles à Paris, la comédie humaine des Mosselman » .

En 1990, il a obtenu le « Prix du Journalisme du Crédit Communal » pour une série d’articles consacrés aux « seigneurs de la terre en Brabant wallon.

Vient de paraître : Meuwissen Eric : Les Mosselman, Une famille belge au cœur du pouvoir dans le Paris du XIXe siècle 

Les Mosselman, Une famille belge au cœur du pouvoir dans le Paris du XIXe siècle

Tout ce qui brille n’est pas or. La comédie française des Mosselman à Paris, nous fait toucher du doigt la toute-puissance de la haute bourgeoisie dans la capitale française au cours du 19e siècle. Car cette illustre famille bruxelloise, enrichie sous l’Ancien Régime dans la boucherie, les boues et les vidanges de Bruxelles, a vécu somptueusement à Paris. Avec Morny, le demi-frère de Napoléon III chevillé au corps familial, voici l’illustration musquée de l’univers libéral et capitaliste et de l’omnipotence que confère “Sa Majesté l’Argent”.

Des fournitures aux armées, à l’achat des biens nationaux en passant par la Banque de France, le début de la révolution industrielle, la création des premières sociétés anonymes, l’éclosion du chemin de fer, la bourse… tout fait farine au moulin de ces promoteurs de l’industrie du zinc.

Nous voici face à une sorte de paradigme de la grande bourgeoisie parisienne d’affaires. Rien de commun avec les grandes bourgeoisies lilloises ou mulhousiennes, fondées sur le travail, basées sur une vie régulière, sur les activités charitables, le refus du luxe, de l’ostentation et de la distraction. La grande bourgeoisie parisienne, en tout cas celle incarnée par les Mosselman, est presque son contraire : aristocratique dans son genre de vie, moderne, affairiste, ambitieuse, audacieuse, pleine de panache, de flair industriel, d’esprit d’initiative de goût du risque, prodigue, mais aussi sybarite et libertine. Cette grande bourgeoisie, ayant droit aux bombances de la terre, évolue sous le règne de l’assomption de l’argent. Avidité, cupidité, gangrène de l’or, adultère… ces “gens de bien” pourtant portés au pinacle par les élites du temps, se meuvent cependant dans une espèce d’atrophie morale, au milieu des loups cerviers, des demi-mondaines, des grandes horizontales et des “maisons à gros numéro”. Bref une sorte de pandémonium épicé du vice, mais enfoui sous le manteau de la plus parfaite considération. Morny aidant, ils conspirent, spéculent, accaparent, ruinent les gogos et soutiennent même un coup d’État. Ils sont légers (les femmes, les chevaux, le jeu, l’opéra…) et pourtant si lourds (gorgés d’or, de zinc et de talents). Ils amassent, placent, jouent, dépensent, gagnent et perdent, sans que jamais le vernis de la considération ne craque.

Pourtant sous l’apparence du raffinement extrême, de la culture, des bonnes manières, de la galanterie poivrée et bien sentie… se dissimulent bien des secrets d’alcôves, des « razzias et des pirateries de caste ». Le mot d’ordre d’Offenbach de “s’en fourrer jusque-là” trouve ici son incarnation. Il y a comme une fange scintillante derrière cette fureur de vivre et sous le voile de l’élégance, de la magnificence et du savoir-vivre, comme un encanaillement soyeux. Des ongles manucurés, mais trop crochus, des dents blanches, mais trop longues, des têtes illustres, mais trop “coiffues”. Un monde quelque peu faisandé qui mêle fureurs utérines et obsessions séminales. Une apothéose de l’avoir et du paraître qui usera prématurément ses membres et empêchera la perpétuation entrepreneuriale de cette dynastie belge audacieuse et sans trop de scrupule, mais grâce à qui la révolution industrielle a pu s’épanouir.

Pour lire les biographie correspondant à l’ astérisque * : http://belgobelgeeditions.be/elementor-116/

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Les Merode ou le syndrome de la peau de chagrin à Rixensart.

 

Le château de Rixensart qui passe pour un des plus beaux châteaux de Belgique, trônait jadis  au cœur d’une impressionnante propriété foncière. Certains ont évoqué, une sorte d « ilôt féodale »  en plein cœur du 19e siècle. Depuis, successions aidant, les terres ont été petit à petit morcelées entres les nombreux héritiers.  A tel point , que l’on  peut expliquer  l’augmentation  la population de Rixensart a  au cours des années 1960-1970,  par le lotissement des propriétés de Merode.

Aujourd’hui,  la branche de Rixensart est arrivée en bout de course et le château  est en passe d’être vendu. 

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